samedi 15 février 2014

DÉLECTATION


Délectation

 

J'ai goûté  la volupté

quand j'ai mangé la tarte aux pommes de Joël Le Bigot.

J'ai également subi le malaise de ses yeux dans mon dos,

Après mon deuxième gros morceau.

 

Si parfois, la timidité me paralyse,

heureusement, la gloutonnerie me tranquillise.

La gourmandise c'est une prison:

elle me place dans une disposition,

calme mes pulsions d'intimidation,

et stimule mon gorgoton.

Ainsi s'envolent les inhibitions!

 

Une mangue ravissante m'appelle à la jouissance,

prête à dégouliner jusqu'au plancher?

Mon visage brille et je salive, en songeant à ce fruit oblong, si bon.

En contrepartie, donner mon opinion reste une punition: les mots glissent et se hérissent, et dans l'œsophage étroit, se tapissent.

Pourtant, jamais un pâté en croûte ne me fera fuir en croupe!

 

Cependant, de mon arrière bouche, jamais de plaintes:

plus je déguste, sauces mères chaudes et ses légumes en lamelles

assaisonnés de sel de mer craquant sous la dent,

plus je croque ses grains avec  respect et vénération,

et plus,  encore, mon palais royal se régale!

 

Aujourd'hui, rassasiée, mes papilles enivrées,

Canard moelleux fondant, chocolat 70% et son coulis givré,

crème de potiron et poires au beurre

et pleins d'autres douceurs….

Mes sens sautillent de plaisir, je vis un bonheur contagieux!

Et les mots paraissent excessifs…

Je tente quand même un bref substantif,

à l'attention de mon pâtissier savoureux.

Merci beaucoup, Monsieur, votre feuilleté est sublime!

 

Le compliment expulsé.  Je peux regagner mon logis calfeutré.

En espérant être réinvitée, à déguster,

un buffet de friandises en toute impunité.

 

 

 

Hélène Mayrand