samedi 15 février 2014

LETTRE A MA MÈRE LA TERRE


Lettre à ma mère la Terre

 

 

     J'ai entendu dire aux nouvelles que tu ne te sentais vraiment pas bien ces temps-ci.  Moi aussi d'ailleurs je me sens un peu bizarre. Ça m'inquiète et je me sens un peu honteuse d'avoir perdu le contact avec toi depuis un certain temps.   C'est que j'étais vraiment très occupée.  Laisses-moi te raconter :

 

D'abord j'ai dû raser d'immenses forêts afin de créer des pâturages et des champs de culture pour me nourrir.  Tu devrais voir ça, c'est à perte de vue!  Puis il a fallut détruire ou déloger tous ces insectes et ces animaux nuisibles qui se servaient effrontément dans mon garde-manger.   Imagines la quantité de pesticides, de frontières et d'armes nécessaires pour arriver à mes fins, colossal!  Mais le résultat de ces efforts s'est vite fait sentir, en peu de temps la population s'est accrue de façon exponentielle. Alors j'ai dû construire des villes, d'interminables routes et toutes sortes de véhicules pour que cette manne se rende à destination.  Heureusement j'ai découvert que le pétrole, grâce à l'énergie des forêts anciennes qu'il contient, pouvait faire avancer les choses plus vite, un peu comme emprunter sur les réserves du temps passé.  J'ai profité de cette découverte pour bâtir des usines, harnacher des rivières, ratisser les fonds marins, bâtir et inventer  plein de nouveaux matériaux. 

 

Comme tu vois il m'est resté très peu de temps à te consacrer.  Toutes ces choses que j'ai trouvé si ''importantes'' à faire m'ont fait ignorer les dommages que je te causais en détournant ta substance à mon profit.  Au début j'étais si fière de toutes mes réalisations, je crois même avoir été  vaniteuse, mais plus le temps passe et plus je me sens esclave du mode de vie que je me suis créé.  J'ai l'impression que le temps s'accélère et qu'il m'en reste de moins en moins pour m'arrêter et ressentir l'harmonie et l'équilibre de la vie et pour  regarder ton infinie beauté, en apprendre les lois et m'en inspirer.  C'est comme si ma propre création prenait ma vie en otage et m'asservissait trahissant les espoirs que j'avais mis en elle.  Dis-moi ma mère la Terre, est-ce que tu as cette même impression quand tu penses à moi?

 

Il m'a fallut détruire plusieurs de tes écosystème avant de comprendre que la vie était un tissu d'interrelations qu'il fallait aimer et protéger  comme soi-même pour que l'oeuvre d'évolution se poursuive  dans la suite des âges.  J'avais oublié que de l'origine jusqu'à moi c'est par la succession des formes du vivant tu t'étais doté d'yeux et de conscience pour manifester l'amour.

 

Je t'aime ma Terre, j'ai la nostalgie de tes sources et de ton air pur.  Je veux entendre ton appel  à l'harmonie,  n'être heureuse que dans le respect de toutes tes formes, prendre le temps de te contempler pour me refaire une âme.

 

 

 

Ta fille Humanité