lundi 18 janvier 2016

ILLUSION …DE VIE

Et si j’y vais et que je reste à l’écart ? Je pourrais les regarder de loin ... Ça me ferait plaisir.
Oui ! Mais comment t’y prendras-tu ?Mon imagination se met alors en mode synchronisé :Je suis sur le bord de la plage et j’observe le groupe de loin.
Par peur de me faire repérer, je me cache, accroupie, derrière un buisson. Rapidement, je trouve ça épuisant de porter mon regard à cette distance, en plus de réaliser que ce que je cherche n’est pas là.
La fatigue s’empare de moi. Je ne pourrai survivre à cette manœuvre bien longtemps. Je vais donc un peu plus loin m’allonger sur le bord de la plage. Ainsi étendu, ça sera plus facile d’observer et il y aura moins de risque de me faire repérer.
Je dois soulever ma tête pour scruter l’espace de jeux et tenter de demeurer bien concentrée sur le groupe qui s’est fait plus petit.
Abandonnant graduellement cette perspective du regard et dans une sorte d’engourdissement, je me vois soudainement prendre la forme d’un énorme arbre abattu, abandonné sur le sable. Surprise! Je me retrouve dans son tronc, au bord de la grève, en reste, comme lui, avec peu de vie, fatiguée et alourdie par le temps. J’essaie de voir si je peux sortir de là, contemplant le sable d’abord, puisque j’ai le nez au raz le sol; regardant ensuite vers le rivage, puis l’horizon, loin devant.
Au même instant, j’ai le sentiment d’une petite victoire :
Je suis tout près et je ne peux me faire reconnaître sous cet aspect !
Sur-le-champ! Je suis vite soulevée dans une sorte de vacuité orchestrée. Je réintègre l’épave, m’enfonçant encore plus profondément en elle. En quelques secondes, à cette idée, nous rapetissons jusqu’à devenir un simple bout de bois aux teintes gris blanchâtre, le bois tout asséché par les intempéries de derniers temps.
En sursaut, je sors de l’illusion et j’examine rapidement la scène. Au loin, le groupe a disparu.
Combien de temps s’est-il écoulé ? Ce rejeton laissé là, mais c’est moi ! ... Depuis combien de temps, suis-je là ? ...
Je comprends, maintenant, pourquoi je dois rester chez moi.
Fais ton temps, Donna !
Donna Senécal
Terrebonne, août 2015

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