lundi 18 janvier 2016

La couette

Un Noël passé
Affalée sous l'édredon
Des fêtes odeur d'épinette
Sous la couette.

Les pauvres étrennes
Dessous la chaîne:
Une montagne aplatie,
Linge épars, croûte durcie.

Dormir! Je dors Noël!
Je veux dormir,
Mes yeux se ferment,
Au plumard, je baigne.

Les règlements du lit
Épousent mes convictions.
Les acariens comme amis
Convives discrets de mon roupillon.

La croulante, ici, pieds pendants
Voit sa vie à l'horizontale:
Quand sourcilière rencontre cil du bas,
Tête penchée, le dodo reprend.

Elle espère un Noël chanté à l'hôpital!
Qui ferait rimer boule avec croule,
Sur des civières manettes en l'air,
Des mots ronchonnent et mâchouillent.

Maxillaire close, énigmes de sens,
Que signifie solitude en brouille?
Et l'énergie cachée dans l'œil rougi,
Érythème de ma pause de lit.

La fête est passée,
Que sont devenus mes cadeaux?
Les invités les ont délaissés
Aussi, la boustifaille en trop.

Les échanges absents
Sont partis à l'épicerie.
Ou envolés sans doute
Dans la vaporisation résidentielle.

Ma valeur intrinsèque
Épandue dans mes draps…
Le coton tendre et net
Un sentiment de bas éclat.

J'écris les mémoires,
Mes yeux fatigués,
Me dictent des histoires
Hirsutes, mais bien sensées.

Si l'envol du réveil
Me retourne à l'abime
L'eau glacée sans pareil
Amoindrit mes racines.
J'ai l'humeur d'eau bénite,
Qui déménage!
Comme dans la chanson du déménagement
Tout emmêlé:

Le canard dans la bassine du poêle.
Les dentiers sur le confortable bariolé …
Et le sucrier aux toilettes…
La bière tablette dans la soupière...
Que Claire ramena de son voyage aux Seychelles …

Que voulez-vous pour finition?
Mes ambitions froides?
Une lueur d'espoir
Pour des jours moins maussades.


Hélène Mayrand

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